21.06.2007

La mort n’existe pas !

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La seule certitude que nous ayons en arrivant sur la planète Terre, c’est qu’obligatoirement nous devrons la quitter un jour ou l’autre. Ceci est pratiquement une lapalissade.

Il n’empêche que malgré ou à cause de cette certitude, la grande majorité des êtres humains, et on peut le comprendre, ont une peur instinctive de l’invisible et du phénomène inéluctable qu’est la mort.

L’évolution de la société est, en partie, responsable de cet état de fait car elle nous a soustrait la mort. Ceci est un constat et non une critique.

Aujourd’hui, dans la grande majorité des cas, nous naissons et mourrons à l’hôpital. Et la médecine, à son insu, nous fait croire qu’existe à présent un ordre chronologique de départ pour l’au-delà : d’abord les grands-parents, puis les parents, ensuite les enfants…

Mais ceci n’est qu’une illusion créée par l’évolution des techniques. J’ai vu partir tellement de gens jeunes qui n’avaient ni fumé, ni bu, ni consommé de drogue et qui n’avaient pas non plus d’antécédents familiaux de maladies graves, type cancer.

Autrefois, la maison était un creuset, un lieu d’évolution de joies et peines souvent non exprimées : la mère pouvait y mourir en couche, les enfants en bas âge, les parents et les grands-parents plus tard. Personne n’y trouvait à redire, ou si peu, car la mort faisait alors partie intégrante de la vie.

Maintenant, la science et la médecine abordent les grandes questions métaphysiques de la vie et de la mort, mais ne répondent pas, de façon satisfaisante, à la question de la survie.

On peut également constater que si la connaissance de lointains mondes stellaires peut passionner l’humanité, celle du monde invisible, dans lequel baigne tout l’univers, semble susciter une notable indifférence. Ce qui montre bien, hélas, que nous en sommes encore à l’âge de pierre de la spiritualité.

Tout cela est bien dommage car il m’est arrivé, à maintes reprises, de croiser des personnes engluées dans la matérialité et ayant tellement peur de perdre cette vie - qu’elles pensent unique donc très précieuse pour elles - qu’elles peuvent tomber dans un état névrotique qui va les plonger dans une grande souffrance.

Elles viennent alors rejoindre toutes celles qui ont perdu un être cher, qui ont senti la terre s’ouvrir sous leurs pieds et qui ne connaissent plus que la douleur engendrée par le vide et l’absence.

Mon travail commence ici.

Je vous le dis bien fort : la mort n’existe pas.

Dominique Vallée

20.06.2007

Lettre d'amour à l'enfant mort

Le calendrier dit que tu es parti, il y a quatre mois.
J’ai parfois l’impression qu’il y a dix ans ou une heure.
En même temps que toi, le temps a cessé d’exister.


medium_THOMAS_DOMINIQUE_221.jpgÀ Thomas
23 décembre 1977 - 23 janvier 2001




Mon ange messager
Mon pirate
Mon enfant… libre à jamais dans l’éternité.




Quatre mois déjà, que tu as rejoint ceux qui t’avaient tant aimé : Papy, Sylvia…
J’ai toujours eu la sourde intuition que tu ne resterais pas longtemps avec nous, mais pour moi, ta mère, il est impossible d’envisager la certitude d’un tel drame, d’un tel malheur.

Parfois des bouffées de chagrin, des bulles de tristesse montent à mon cœur et m’étouffent. Elles semblent alors injustifiées, puisque tu es là devant moi, en train de te régaler de quelques huîtres. Tes cheveux repoussent drus, service militaire oblige, et tu me parles de tes projets de camping à la montagne avec Nalaka, l’ami de toujours.

C’est vrai, tu n’es pas un enfant comme les autres. Jamais une bêtise ni un mot plus haut que l’autre. Toujours souriant, toujours heureux, pas une colère, toujours câlin.

L’adolescence est plus difficile. Ton père et moi sommes séparés depuis que tu as huit ans. Nous ne communiquons plus. Après une longue procédure, il a obtenu ta garde. Tu es sa bouée de sauvetage. Je suis partie pour un autre homme et il ne me le pardonnera jamais, même après avoir refait sa vie. J’ai donc tous les torts et il ne se prive pas de faire sous-entendre que je suis une mauvaise mère.

Tu as dû souffrir de tout cela. Mais tu n’en as jamais rien dit.

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Pardon mon Amour, je n’ai peut-être pas été à la hauteur pendant ce laps de temps. Les quelques fois où j’ai abordé le sujet, tu haussais les épaules et me répondais : « Non je ne crois pas avoir été malheureux… Tu étais toujours là pour moi ». Me disais-tu la vérité ou bien mentais-tu pour ne pas me faire de peine ? Cela aurait été dans ta nature.
« Un être à part » disait de toi mon amie Catherine. Nous avions décidé de te marier avec Elodie, sa fille : c’était un secret qui nous amusait beaucoup !

Le jardin d’enfants, la maternelle, le lycée. Plus tu avances dans la vie, plus les choses deviennent difficiles. Tu ne t’impliques dans rien, ni dans tes études d’architecture, ni dans la relation amoureuse : tu cherches la femme idéale et les aventures sans lendemain ne t’intéressent pas. Tu n’as pas conscience de ta valeur. Tu ne sais pas que tu peux plaire, que tu es beau.

Tu perds tout, tout le temps : tes clés, ton agenda, ton portable laissé sur le toit de la voiture, le chèque que Mamie te remet à Noël, jusqu’à tes points du permis de conduire. Non pas que tu sois un conducteur impunément imprudent, juste distrait.
Tu n’étais pas de ce monde, mon ange. Tu ne voulais pas te battre pour gagner cette fichue place au soleil que tout le monde revendique. Ce n’était pas ton histoire et, hélas, je n’avais pas de baguette magique pour réaliser sur le champ tous tes rêves. Tu es venu faire un petit tour parmi nous et, déçu, tu es reparti vers tes étoiles. De là-haut, tu me protèges, tu es à mes côtés et pourtant j’ai si mal.

Le diagnostic tombe comme un couperet. " Leucémie myéloblastique monoblastique ". En clair, une saloperie incurable. Il est 13 heures. Je suis dans ma voiture : je vais déjeuner rapidement avec une amie.
La veille, au téléphone, tu m’as dit avoir rendez-vous au centre d’hématologie Henri Mondor à Créteil, car tes analyses de sang ne sont pas bonnes.
- Qu’est-ce que cela veut dire « pas bonnes » ?
- Je ne sais pas, maman. Le médecin a pris un rendez-vous pour moi, dès demain matin. Il a un ami qui consulte là-bas.
- À quelle heure as-tu rendez-vous ?
- À 9 heures.
- Je viens avec toi.
- Mais, non Maman, ce n’est pas la peine. C’est à l’autre bout du monde pour toi.
- D’accord, mais je laisse mon portable ouvert et dès que tu en sais plus, tu m’appelles. Hein, mon petit pigeon !

Quelle manie ai-je, depuis quelque temps, de l’appeler soit « mon petit pigeon » , soit « ma puce » ou encore « mon lapin rose » ? Pour un grand garçon de son âge, ça ne fait pas très sérieux. Ce n’est qu’après ton départ que j’ai compris que ces petits mots, que l’on donne à un jeune enfant, sont, inconsciemment, une manière de te ramener vers moi pour pouvoir te protéger comme on le fait avec son tout petit. On le prend contre son sein et plus rien de mal ne peut alors lui arriver. On le berce de mots doux et tout est bien.

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Treize heures : le téléphone sonne
- Alors ?
- J’ai une leucémie.
- Quoi ?!…
- Une leucémie.
- Mais qui t’a dit cela ?
Question stupide certes…, je n’ai sûrement pas bien compris et pourtant j’ai bien entendu.
- Le médecin.
Dans l’urgence, je me veux rassurante :
- Ne t’inquiètes pas, mon cœur, j’arrive tout de suite… Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
C’est la phrase que j’ai le plus souvent répétée pendant tes cinq jours d’agonie, comme si mon cerveau niait l’évidence, refusait d’admettre, d’intégrer, de comprendre que tu es en danger de mort. Aujourd’hui, il refuse toujours, quelque part, d’accepter ton absence.
Lorsque j’arrive à l’hôpital, tu es au cinquième étage dans une salle où les gens, qui font leur chimiothérapie en ambulatoire, viennent pendant quelques heures pour recevoir leur traitement. Je n’ai pas à te chercher : tu es là en face de moi sous perfusion. Tu me souris. Je t’embrasse. Tu ne sembles pas inquiet. Le médecin doit nous recevoir… Bientôt !

Et je me souviens !
Le destin peut paraître étrange, même obscur, et pourtant il est marqué de signes qui, si nous savons les déchiffrer, font que nous pouvons déjà l’appréhender.

Quelques années auparavant, je rencontre un cancérologue hématologue qui devient un ami. Après ses études, il reste en contact avec un autre hématologue, grand professeur dans un hôpital de la région parisienne. Lorsqu’il me donne le nom de celui-ci, je ne sais ce qui se passe d’insensé dans ma tête. Je n’ai de cesse de le rencontrer, de le voir. L’attente durera deux ans. Comme je sais qu’il joue du jazz dans un club à Montparnasse, je me fais systématiquement envoyer le programme de l’endroit où il se produit. Enfin une date apparaît. Je réserve trois places, pour toi, Annie qui travaille dans le même hôpital que ce médecin, sans le connaître, et moi. La soirée est sympathique, un rien décevante. Qui donc m’attendais-je à voir ? Je ne sais plus au juste. Mais je suis apaisée. Drôle d’idée que j’ai eue. À présent, tu es là dans son service. Il en est le patron. Tu vas être soigné par son bras droit, lui-même ami de mon meilleur ami.
Et tu vas y mourir.

Depuis quelque temps, tu te plains de maux de gorge, de fatigue, d’une toux légère. En grand garçon indépendant, tu consultes un médecin près de chez toi, à Paris. Nous sommes en hiver et il ne voit là que quelques symptômes grippaux. C’est pourquoi, il te prescrit des antibiotiques. Puisque tu as également des migraines que tu penses dues au travail sur l’ordinateur, je te conseille de venir me voir.

La médecine alternative n’ayant pas vraiment de secret pour moi, je vais bien arriver à régler ton problème. C’est la première fois que je te soigne ainsi. Allongé sur la table d’examen, je place mes mains sous ta tête et me mets en écoute. Curieusement, aucune dissonance dans la vibration de ton corps ne se fait entendre. Au contraire, tu sembles enveloppé d’un voile de douceur d’une grande tranquillité.

Thomas, tu n’étais pas que malade : tu avais simplement commencé à nous quitter.

Et moi, tant habituée à l’accompagnement des mourants, moi qui connais par cœur cette sensation de paix qui se dégage d’eux, je ne vois aucune analogie. J’ai les yeux bandés, je ne flaire rien. Je te dis simplement : « À mon avis, parti comme cela, tu vas vivre au moins cent ans ! ».

Si j’avais accepté de tenir compte de tous ces signaux d’alarme, qui tintaient autour de nous, aurais-je pu te sauver, t’emmenant plus tôt faire tous les examens ? Ou était-ce simplement reculer pour parvenir au même résultat, juste un peu plus tard, avec encore davantage de souffrances et d’espoirs déçus ?

C’est cette nostalgie, cette tristesse qui montaient quand je te voyais, qui auraient dû m’alarmer.

Comme au cours de ce mois d’août où tu es seul dans la piscine. Tu es beau, tu es heureux, alors que m’étreint une épouvantable envie de pleurer. Il y a aussi ce jour, où après avoir pris un verre, porte d’Italie, tu t’éloignes sur le trottoir pour rejoindre ton travail. Ta silhouette longue et fine marche vite quand, sans raison apparente, l’angoisse monte en moi. Je voudrais courir derrière toi, te prendre dans mes bras, te retenir, t’embrasser. Je ne le fais pas, craignant sans doute que tu ne te moques gentiment de moi, en ironisant sur ma santé psychique…

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Vendredi 19 janvier, 15 heures
L’infirmière vient nous prévenir que le docteur K. va arriver. À quelle sauce va-t-il nous manger ? Docteur « baba cool », la blouse ouverte, le cheveu gris long, un peu rondouillard, il se veut décontracté. Tellement, qu’il en est blessant. Il parle de ta maladie comme d’une chose assez banale. Il a tous tes résultats et nous explique la procédure : il faut commencer immédiatement une chimiothérapie qui durera six semaines. Tu seras placé en chambre stérile : il nous sera donc interdit de t’approcher. Nous ne communiquerons que par le téléphone, chacun d’un côté de la vitre. Je n’en parlerai pas, mais je lui en veux de ne pas avoir attendu la présence d’une tierce personne pour t’asséner ce terrible diagnostic. Certes, tu es majeur, mais tout de même ! Je ne réponds pas car je ne veux surtout rien faire qui puisse l’agacer contre nous. Oui, mon cœur de mère pense bêtement cela : être surtout très gentille avec le personnel, les médecins, pour que mon fils soit le mieux traité possible.
Je crois que tu as dû réagir comme moi, entendre mais ne pas tout réaliser. Tu ne t’es pas inquiété. Tu as attendu que j’arrive. Tu as confiance en moi, je suis si forte !

À présent, tu es allongé sur le lit dans cette petite chambre rose : je te tiens la main et je regarde cet homme qui continue à parler. Il sait, par expérience, qu’il ne te tirera pas de là. Cependant, il essaie de faire correctement son métier, blasé mais humain, humain mais blasé.

Je ne peux retenir mes larmes. Tu te tournes vers moi avec un pauvre sourire, pendant que le médecin m’assène :
- Vous avez le droit de pleurer, Madame. Comme dit ma fille, vous pisserez moins au lit !
- Merci du conseil, docteur !

Un infirmier entre dans la chambre et te place dans un fauteuil roulant pour t’emmener en salle de stérilisation ou de désinfection, je ne sais plus quel le mot juste. J’attends. Combien de temps ? Je l’ignore. Enfin, quelqu’un vient me chercher. Il y a sept chambres en enfilade, derrière un couloir de décontamination et, au bout, le bureau des infirmières. La septième est la tienne. Tu es derrière cette vitre sous une bulle stérile. Tu portes une blouse jaune ouverte dans le dos. Tu es assis sur le lit et je n’arrive pas à accrocher ton regard. C’est bien plus tard, que j’ai compris que tu avais peur et que tu ne voulais pas me le montrer. Je voudrais te prendre dans mes bras, te dire que je t’aime, que je suis avec toi et je ne peux que répéter des mots trop simples, qui se veulent rassurants et qui auraient tellement besoin d’être accompagnés de baisers. La distance, imposée par cette vitre et ce téléphone, font que nous ne pouvons pas nous parler très longtemps : je te sens fatigué, inquiet, et je ne peux rien pour toi. Sinon prier.

Je rentre à Saint-Germain, car je dois t’acheter des pyjamas, des tee-shirts et des caleçons 100 % coton, seul matériau censé résister à la stérilisation obligatoire de tout ce que tu dois porter.

De retour à la maison, je vais m’asseoir dans la chambre du bas. Le soleil entre à flot dans la pièce : c’est pour cela que j’ai choisi de t’installer ici. Après la chimio, tu seras fatigué, très amaigri, tu auras perdu tes cheveux, tes sourcils mais tu seras en vie et on devra se battre.

Je regarde autour de moi : ici, on va mettre ton lit, là un fauteuil, la télévision, un bureau. Je dégagerai l’armoire pour y mettre tes affaires. Tu vas être comme un coq en pâte : je vais te dorloter. On se promènera, il fera beau et tu te reposeras sur la terrasse, dans un transat, sous une bonne couverture bien chaude.

J’ai déjà contacté l’homéopathe qui t’a si bien soigné lors de tes maladies d’enfant. S’il peut t’aider par une approche différente, il ne faut rien négliger. Peut-être as-tu des souffrances que tu me tais ? Alors, j’appelle une psychothérapeute de mes relations. Je lui laisse un message : elle ne m’a jamais rappelée.

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Samedi 20 janvier
Je me rends rue Didot pour récupérer d’autres vêtements. Pendant que je monte l’escalier en colimaçon jusqu’au quatrième et dernier étage, je me demande ce qui va se passer lorsque j’aurai ouvert cette porte. Ton désordre est là, mais juste ce qu’il faut pour que ce soit chaleureux. Je lave le bol et l’assiette qui sont dans l’évier, puis je vide le réfrigérateur car tu ne dois pas revenir avant longtemps. Accomplissant ces gestes, je mesure toute l’ampleur de ce que j’ai à vivre : enlever cette nourriture, c’est toucher ton quotidien, le mettre entre parenthèses pour un temps indéfini. Et ne pas savoir si, un jour, tu pourras refaire cette chose banale, comme le remplir à nouveau, ce qui signifierait simplement que tu es en vie.

Dans le bureau traînent une dizaine de feuilles de maladie : dentiste, médecin… Tu devais sentir qu’une chose anormale s’installait en toi. Sur un morceau de papier, tu as en effet noté les derniers symptômes : essoufflement, mains moites, fatigue, transpiration excessive la nuit, saignement des gencives.

Pourquoi ne m’avoir rien dit ? Aurais-je pu alors t’aider ? Ces signes sont tellement insidieux : pas de nausées, de douleurs violentes, de vomissements ou encore de forte fièvre, qui m’auraient fait bondir.

Il y a aussi des dossiers empilés, laissés là : visiblement, ils ne t’intéressent pas. Ton écriture est partout et je pleure.
Au mur, un kaléidoscope de photos de nous deux : toi, bébé, à la montagne, en Camargue, assis sur les genoux de ton père. Moi, en noir et blanc, petite fille debout, les mains dans le dos, déhanchée, les genoux en dedans. Je fais une grimace, car j’ai le soleil dans l’œil. Je suis toute menue dans un short trop grand et je souris à mon père.

Il y a aussi ce fusain que nous avons fait faire à Montmartre. Nous avions choisi, d’un commun accord, un vieux peintre qui nous avait émus, avec son chapeau de paille percé et sa bouche édentée. À son accent, nous avons tout de suite compris qu’il est slave. C’est une bonne idée d’être dessinés, tête contre tête, comme deux brebis. Je pose la première. Toi, debout derrière le peintre, tu tends le pouce d’un air satisfait, pour bien me faire comprendre que ce qu’il dessine me ressemble. Mais, stupeur, lorsque je me lève, ce que je vois me sidère ! Ce n’est pas moi, mais une sorte d’hybride, un peu moi, plus je ne sais qui d’autre. Je me dis que l’artiste s’en tirera peut-être mieux pour toi. Pas du tout : nous avons subi le même sort. Ce qui est le plus curieux, dans ce dessin, c’est qu’il n’existe aucune différence d’âge entre nous deux : on dirait des jumeaux aux traits quasiment identiques !

Je suis un peu furieuse, vu le prix de la prestation. Après un instant de réflexion, tu me donneras l’explication :
- Maman, ce n’est pas nous qu’il a dessinés, ce sont nos âmes…
C’était d’une telle évidence que je n’avais rien vu !
Dans la salle de bain, pièce si intime, je me sens un peu voyeuse. Brosse à dents usée, dentifrice, mousse à raser, shampoing, crème de soins, trousse de toilette, peigne, savon pas rincé, thermomètre, aspirine… J’entasse tes affaires dans un sac, en n’oubliant ni le baladeur, ni les compact-disques, ni les livres qui devraient t’aider à tenir quelque temps, sans trop t’ennuyer.
Cet après-midi, lorsque je te rejoins, tu es dans ton fauteuil. Tu regardes la télévision d’un air absent. Ta jambe droite tremble. Tu as l’air contrarié. Tu ne me regardes pas tout de suite. Je sens que tu n’es pas bien, que tu fais ton possible pour contrôler ton angoisse et ta douleur.
- Ils m’ont donné un tranquillisant, mais j’ai mal au ventre…
- Tu es allé à la selle ?
- Oui, oui !
- C’est parce que tu es inquiet, c’est normal. Avec ce qu’ils t’ont donné, ça va aller mieux.
Il me dit alors, tout bas, une phrase que je n’oublierai jamais :
- Non, maman…, c’est la leucémie.
Il a raison. Je tente de le rassurer.
- J’ai eu une idée géniale : lorsque tu seras sorti d’ici, on fera un voyage au soleil ou, si tu préfères, à la montagne. C’est comme tu veux…
- Génial, maman, on va s’éclater !
Ce sera la dernière phrase que j’entendrai de lui.

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Dimanche 21 janvier
J’ai son père au téléphone. Il va aller voir Thomas ce matin et faire installer une ligne de téléphone dans sa chambre. Il pourra ainsi nous appeler quand il le voudra.
J’arrive à 15 heures, chambre 7. Le store à lamelles est baissé, je décroche le téléphone.
- Tu dors mon Titi ?
Quelques secondes de silence, puis la voix de l’infirmière.
- Nous sommes en soins, revenez dans un quart d’heure…
Un quart d’heure, une demi-heure, trois-quarts d’heure : à chaque fois, on me renvoie. Je surveille alors le va-et-vient dans le couloir qui mène à ta chambre et à laquelle je ne peux accéder. Enfin, l’interne de service entre dans la pièce réservée au personnel soignant. Il s’approche du guichet.
- Je suis la maman de Thomas, qu’est-ce qui se passe ?

Je ne veux pas paraître inquiète, d’ailleurs je ne le suis pas. J’ai compris sans comprendre. Je suis entrée dans un univers glacé où je ne ressens pas grand-chose. L’interne ne me dira rien, juste que les soins étaient un peu plus longs que prévus.

Arrive le Docteur K., directeur du service. Là, je devrais comprendre que ce n’est pas bon signe. Il a l’air plus sympathique qu’à notre première rencontre, au cours de laquelle il nous annonça ta maladie. Assis à mes côtés, il a un air doux et terriblement ennuyé. Il m’informe que tu viens de faire un accident respiratoire, maintenant stabilisé, mais il fait préparer la réanimation et la dialyse au cas où, cette nuit, il y aurait un problème. Il sait, par expérience, qu’il y en aura un. Tu as déjà commencé à décompenser très vite. Il sait que tu vas mourir. Il va te garder deux jours en survie pour que, doucement, je m’habitue. Pour que je finisse par prendre conscience de ce qui va se passer.
- S’il arrive quoi que ce soit, nous vous appelons immédiatement.
En clair : c’est le début de la fin. Tenez-vous prête.

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Lundi 22 janvier, 4 heures du matin
Le téléphone sonne.
- Nous vous avons appelé, il y a une heure. Nous n’avons pas eu de réponse. Pouvez-vous venir rapidement ?

Comment ai-je fait pour ne rien entendre ? Mon compagnon et moi-même nous habillons à la hâte. Heureusement, il n’y a personne sur la route et nous arrivons à l’hôpital trois-quarts d’heure plus tard. Dans la salle d’attente, tes parents du côté paternel sont déjà là. Ils me regardent entrer comme s’ils voyaient une étrangère, puis finissent par me saluer distraitement. Ils semblent se souvenir que je suis ta mère. Et le clan se resserre à nouveau. En deux jours, nous n’échangerons pas dix phrases. Seuls tes oncles, Bernard et Patrick, poseront sur moi un regard où l’on trouve trace de compassion et de vraie tristesse.
Parfois un médecin nous rejoint dans la pièce. Les heures passent. Tu es stabilisé, mais on nous explique que pour qu’il y ait un progrès, il faut une amélioration significative.

On nous donne enfin l’autorisation de te voir. Tu dors, intubé, sur ton lit surélevé, enfermé dans sa cage de verre. Tu as l’air si paisible. Les machines ont pris le relais de tes organes déficients. Je vois tourner ton sang brassé et la poche des urines qui pend à côté. Je t’embrasse sur le coin de la bouche, caresse tes mains, masse tes pieds et, surtout, te parle et te dit combien je t’aime.

Brusquement, la jeune interne qui est dans la pièce hausse le ton, donnant des ordres à l’infirmière. Je lui demande de parler plus bas et en d’autres termes que ceux qu’elle utilise.
- Mais madame, il n’entend rien. Ne vous inquiétez pas, il ne souffre pas, il dort…
Non, madame, vous vous trompez, pensais-je, Tu dors peut-être, mais tu me sais à tes côtés et nos vibrations se fondent. Ce que nous constaterons, malheureusement, le lendemain.

Epuisée, j’appelle un taxi pour rentrer chez moi, car mon compagnon ne peut et ne veut pas trouver le courage d’affronter la situation.

Débrouille-toi toute seule, Dominique.
Arrivée à la maison, je me couche, mais ne peux pas dormir. Je décide de prendre une douche et de repartir à l’hôpital : rien n’a changé. Tu as toujours ton petit air tranquille.

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Mardi 23 janvier 2001
Je suis seule dans la salle d’attente : je pleure, j’ai mal et je me surprends à penser que je ne savais pas qu’un corps humain pouvait contenir autant de larmes.

Dans la matinée, le chef de service et un autre médecin viennent nous trouver. Ils se sont réunis pour discuter de ton cas. Ils connaissent l’issue et à présent, tout au long de la journée, leur devoir va consister à nous distiller l’évidence. Ils ne diront jamais que tu vas mourir, mais seulement : « C’est grave, très grave, il n’y a pas d’amélioration ».

Dans l’après-midi, une amie vient me rejoindre et nous allons te voir régulièrement. Dans la salle de réanimation, d’habitude si difficile d’accès, on nous laisse entrer sans résistance, sauf, bien sûr, pendant les soins : tous tes organes sont complètement détruits. Tu ne te réveilleras plus jamais, alors autant profiter encore un peu de toi.

Le prêtre de l’hôpital est là. Nous récitons la prière des mourants : « Seigneur, accepte Thomas dans ton royaume d’amour et de lumière… ».
Plus tard dans l’après-midi, penchée au-dessus de toi, ma joue contre la tienne, je perçois que tout sera bientôt terminé. Je demande alors à Papy de venir te chercher le moment venu : il t’aimait tant. De ton côté, si c’est possible, attends-moi, je t’en supplie.

Je rentre à la maison vers dix-neuf heures : durant tout le trajet, je prie pour que tu aies la force, et surtout le temps, de m’attendre.


22 heures 30
J’ai dû dormir un peu. Le téléphone sonne …
- Venez vite s’il vous plaît…

Nous arrivons à 23 heures 30. Un jeune interne vient m’expliquer que tu as fait un arrêt cardiaque mais que, pour l’instant, tu es stabilisé. Je ne peux m’empêcher de répéter ce que j’ai déjà dit aux autres médecins :
- Docteur, si vous pensez qu’il ne s’en sortira pas, surtout ne vous acharnez pas.
- Ne craignez rien, madame, ce n’est pas la politique de la maison.
Je ne comprends pas pourquoi ton père n’est pas là. Nous n’allons pas tarder à le savoir. Terrible acte manqué : il a éteint son portable sur lequel il avait effectué le transfert du fixe. Il était donc injoignable.
Toi et moi sommes seuls, comme à ta naissance ! Dans la salle d’attente, la tête appuyée contre le mur, je ferme les yeux et je vois Papy, mon père : il porte une épaisse chemise à carreaux rouges. Toi, tu te tiens à ses côtés et vous me souriez tous les deux. Il te prend par les épaules, cherche à t’emmener, mais tu n’as pas l’air décidé à le suivre.
- Va, mon Thomas, il est venu te chercher, c’est le moment.
Enveloppés d’une douce lumière, ils s’éloignent peu à peu tous les deux, sans pourtant me quitter des yeux.
Je sursaute, le médecin vient d’entrer dans la pièce. Il dit des mots que je ne comprends pas vraiment, une sorte de charabia médical, quand tout à coup…
- Vous voulez dire… Il est mort…
- Oui, Madame. Pour l’instant, nous ne l’avons pas encore débranché.
Je cours jusqu’à ton lit et, là, miracle, un dernier souffle s’échappe de ta poitrine, un pic se forme sur l’électrocardiogramme plat ! Puis plus rien.
- Tu m’avais attendu, donc tu m’avais entendu !

Tu pouvais mourir une heure avant, deux heures après ou le lendemain. Non, juste un petit quart d’heure après mon arrivée. De cerveau à cerveau, je suis certaine que nous n’avons pas cessé de communiquer et que dès que j’ai franchi les portes de l’hôpital, tu l’as su.

(Ma mère, deux ans plus tard, m’attendra elle aussi).

Penchée sur toi, je te respire : tu souris. Mes larmes sont douces, je sens que tu es en paix. Je t’entends me dire : « Ne pleure pas maman, je suis bien… ».

J’appelle l’oncle qui finira par prévenir le clan qui arrivera une heure après.

Pendant cette heure d’attente, tu ne seras qu’à moi. Lorsque je retourne vers toi, ils ont enlevé tous les appareils qui te maintenaient en survie, ils t’ont enveloppé dans un drap jaune et tes paupières sont fermées par un morceau de sparadrap. Ton corps a commencé à refroidir et tu souris toujours.

Ton père arrive enfin. Devant toi, il ne peut que mettre sa main sur sa bouche, peut-être pour ne pas crier. Il ne t’embrassera pas et semble avoir peur de s’approcher de toi. Non, tu n’es pas contagieux, non tu ne t’entraîneras pas ton père dans la tombe. Entre vous deux, les démonstrations d’affection ont toujours été rares. Visiblement, ce n’est pas aujourd’hui que cela va commencer.

Pierre, pourquoi n’as-tu jamais dit à Thomas que tu l’aimais, que tu ne lui en voulais pas de ne pas être assez intelligent pour faire Ponts et Chaussées, Médecine ou Polytechnique, comme le reste de ta famille ? Thomas, qui ramait déjà dans ses études d’architecture, devait aussi vendre des pizzas pour apprendre ce qu’est l’argent ! L’idée en soi n’était pas mauvaise, mais il ne fallait pas obliger un garçon, déjà lent et peu motivé, à perdre son temps pour gagner trois francs six sous. Il aurait mieux valu lui faire prendre confiance en lui, en le valorisant, en lui demandant seulement un vrai travail avec de bons résultats.

À présent, vous êtes tous là, et vous interrogez les médecins.

Pourquoi si vite ?

Le fait que tu aies été en contact, pendant ton service militaire, avec du benzène, substance réputée cancérigène, peut-il avoir favorisé l’émergence de ta maladie ?

Vous voulez lui faire des prélèvements sanguins et des ponctions de moelle osseuse, mais on vous explique qu’on ne trouvera rien, car il est revenu de son service militaire depuis plus d’un an. Vos interrogations me dérangent. Je suis en colère.

Tu es dans la pièce d’à côté, encore tiède, et ils veulent à tout prix trouver des raisons à ta mort. À quoi bon, puisque tu es parti pour ne jamais revenir.

Un peu de respect, s’il vous plaît.

Ils recommencent : où va-t-on t’enterrer ? À Neuilly. Je propose que ce soit à Crespières. C’est trop petit, me répond-on. J’insiste. Eux aussi.

Bon, faites comme vous voulez. Je n’ai pas l’intention de me battre au-dessus de ton cadavre. Tu seras finalement enterré à Vernouillet, avec ton grand-père. Accordé.

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Mercredi 24 janvier
Je suis à neuf heures rue Didot, chez toi. Je viens récupérer ton blazer, ton pantalon gris, tes chaussures, une chemise blanche que je ne trouverai jamais. Un tee-shirt de même couleur fera l’affaire. Je garderai pour moi tes pulls : ils ont tous ton parfum et ne seront plus jamais lavés.

Dans cet appartement où tu ne reviendras plus, j’ai le coeur dans un étau, mais je ne veux pas craquer. Je veux être avec toi jusqu’au bout, consciente de tout, parce que, même mort, tu es pour l’instant encore ici, sur cette Terre. Je vis ces instants de deuil, avec toi, pour toi. Après je n’aurai plus rien.

Je songe que le moment est peut-être venu de tenter une réconciliation avec ton père. Je crois que tu en serais heureux. Au téléphone, il me dit « D’accord ! ». Il n’y parviendra jamais.

À la morgue, ton père est là, bien sûr, et sa compagne s’autorise à de nombreux commentaires sur les vêtements que j’ai apportés. Je me retiens de ne pas la fracasser contre le mur : elle n’a pas dû saisir que ce n’était pas pour un bal et que le noeud papillon n’était pas obligatoire. Le directeur de la morgue nous reçoit simplement. Il est doux et sympathique, pas d’obséquiosité dans sa voix.
- Désirez-vous le voir ?
- Bien sûr que je veux le voir !
Drôle de question…

Tu es enveloppé dans un drap jaune. Ton cou est devenu énorme, je ne sais pas pourquoi, peut-être les perfusions. Tu souris toujours, tu es glacé et si beau. Je t’embrasse, tu sens bon. Ils t’ont coiffé les cheveux en arrière. Je refais ta mèche. Je t’embrasse encore. Je ne veux pas m’en aller. Durant les cinq jours où tu resteras dans cette chambre froide, mes sentiments seront les mêmes : cette furieuse envie viscérale de t’emmener avec moi, de te garder contre moi. Caché là où personne ne nous retrouvera jamais. Je ne veux pas qu’on t’enlève à moi, qu’on t’enterre. Je veux continuer à te voir, à te toucher. Même mort.

Et puis, il y a cette paix, cette grande et douce paix qui règne autour de nous. Celle qui, sans doute, m’empêche de hurler ou de me mettre à genoux. Et cette petite voix qui me dit : « Ne pleure pas maman... Je suis bien... Je t’aime... ».

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Mardi 30 janvier
La mise en bière a lieu à neuf heures à l’hôpital Henri Mondor de Créteil. En arrivant, nous croisons le docteur K. qui porte un petit bonnet sur le sommet du crâne et nous regarde avec l’air de dire : « Je la connais... mais qui est-ce ? ».

Les pompes funèbres arrivent en même temps que nous. Nous attendons quelques minutes dans le salon, puis nous sommes autorisés à entrer dans la pièce où tu reposes. Je t’ai dit adieu mille fois et, ce matin-là, je n’ai pas pu. J’ai seulement déposé un bouton de camélia cueilli dans le jardin qui, comme toi, ne s’épanouira jamais.

Un dernier baiser et ils referment le cercueil.

Je passerai cette longue journée, plongée dans un univers glacé où je ne ressens rien : je dois être un peu morte moi aussi. Je remarque juste que le bout du couvercle du cercueil est abîmé et que le corbillard est un fourgon Mercedes... Que tout cela est dérisoire.

À l’église de Neuilly, trois cents personnes sont rassemblées et des dizaines de gerbes de fleurs jonchent le sol. Les amis viennent m’embrasser et je ne vois personne, je n’entends rien, je ne suis pas là. Je n’ouvrirai mon attention qu’à deux reprises. La première, lorsque le prêtre nous explique que, dans ce cercueil, il n’y a personne parce que tu es déjà dans la lumière de Dieu. Tu es à mes côtés sous cette croix de roses et je ne te regarde pas. Au fond de mon coeur, je suis sûr qu’il a raison.
La seconde fois, c’est lorsque je dois me lever. J’ai préparé un texte et je ne savais pas ce matin si j’aurais le courage de le lire.

À présent, je sais : tu es avec moi et tu me portes. Je le lirai donc. Les gens, qui me regardent passer devant toi et monter les marches vers l’autel, se demandent, sans nul doute, si je ne suis pas aidée par quelque médicament. Non. N’existent que ma foi et l’immense volonté de dire ces mots. Je pose la feuille devant moi sur le pupitre et ma voix ne tremblera jamais :
« Thomas était doux et sensible, trop peut-être. Son existence fut brève, mais je sais que là où il est, il est heureux. J’ai l’infinie certitude qu’il m’accompagnera toujours et qu’un jour, nous nous retrouverons. Aux derniers instants de sa vie, il me fit un immense cadeau. On m’avait expliqué, que plongé artificiellement dans un profond sommeil, il ne souffrait pas, n’entendait rien. Pourtant je continuai à l’embrasser, à le caresser, à lui parler. La relation d’amour qui lie une mère à son enfant ne tient pas compte des explications médicales. Lorsque je compris qu’il allait nous quitter, je lui demandai de m’attendre. Les heures, les minutes étaient comptées.

Dans la nuit, lorsque son état s’aggrava, je revins à son chevet : je reçus son dernier souffle et il rendit son âme à Dieu. Il souriait, il sourit encore. De lui émanait une paix, une sérénité, qui nous enveloppaient.

Merci Seigneur de m’avoir accordé la grâce de l’accompagner jusqu’au bout. Marie, Mère céleste, je t’ai confié mon fils unique, tu connais ma douleur, tu as connu la même. Prends en soin, je l’aime tant ».

Lorsque nous arrivons dans le petit cimetière de Vernouillet, le soleil se met à briller. Le corbillard est déjà là et nous n’attendons plus que ton père pour te déposer dans ce caveau. Il arrivera avec une demi-heure de retard, perdu dans un village qu’il connaît par coeur. Tous tes amis sont là : ils jetteront, un à un, une fleur sur ton cercueil. Tu as rejoint Papy.

Quatre mois, bientôt cinq. Plus le temps passe et plus je souffre. Devant les événements qui se sont écoulés, j’avais à faire face. Aujourd’hui, c’est devant le vide et l’absence que je me tiens. Peu à peu, je réalise l’horreur, fils unique qui m’a abandonné sur cette Terre qui m’ennuie. Je ne serai jamais grand-mère, c’est bête à dire, mais c’est si vrai. Je n’ai rien qui me retienne ici, à part une vieille mère qui t’aimait par-dessus tout et qui n’aurait eu qu’un seul souhait : partir à ta place.

Que vais-je devenir Thomas, au milieu de ce grand désert ? De là-haut, pourras-tu m’aider à grandir, moi ta mère fragile et trop sensible, si mal adaptée à cette planète ?

Comme je m’y attendais, les jours qui suivirent ton décès furent ponctués de petits signes qui montraient bien que, de là-haut, vous avez cette magnifique possibilité de vous manifester à nous. Médium de naissance, je suis à l’écoute de ces signes, mais en gardant toujours le recul nécessaire pour ne pas laisser mon imagination me faire croire à des choses qui n’existent pas.
Seule dans la maison, j’ai pourtant retrouvé les volets fermés, alors que je suis certaine de ne pas l’avoir fait.

À la radio, la station que j’écoute, se met soudain à sauter et je me retrouve sur une autre où passe, « comme par hasard », la chanson qui me trotte dans la tête depuis ton départ : « Stone, le monde est Stone... J’ai la tête qui éclate, j’voudrais seulement dormir, m’étendre sur l’asphalte et me laisser mourir... Ne venez pas me secourir, venez seulement m’abattre pour m’empêcher de souffrir... ».

Le lendemain de l’enterrement, comme tous les matins, j’ai l’habitude de prendre mon petit-déjeuner devant la télévision. La première image est celle d’un dessin animé : « Thomas et les fourmis » !

Le surlendemain, je suis devant ta photo et je pleure. Je te demande un signe : au même moment, une hirondelle entre dans la chambre, en fait le tour et ressort. L’après-midi, sur ta tombe au cimetière, je trouverai le cadavre... d’une hirondelle !
Cela peut sembler dérisoire ou dérivé de cet immense besoin de te retrouver. Pourtant, je suis certaine que ce ne sont aucunement des coïncidences. C’est mon métier, je ne me trompe pas. Je sais que tu veux me faire comprendre que tu es là, tout près.

Depuis quelque temps, je n’ai plus de messages. Peut-être es-tu contrarié de me voir avec cet homme qui, depuis seize ans, me détruit. Malheureusement, je ne sais pas vivre seule. Enfant, j’ai connu l’abandon et mon coeur est resté infirme. Je subis la trahison et je reste là.

Ne m’abandonne pas Thomas, je t’en supplie, éclaire-moi, envoie-moi la petite lumière qui me fera comprendre que la sortie du tunnel n’est plus très loin. Donne-moi la force de changer cette vie.

Je t’aime mon ange, pardon pour tout ce que j’ai fait ou pas fait, dit ou pas dit. Je t’aime, ne m’oublie pas, j’ai besoin de toi pour traverser les épreuves de la vie, ne m’abandonne pas.
À bientôt, mon amour !

Thomas ne m’a jamais abandonné. Six mois après son départ, je dois faire face à une rupture douloureuse mais inévitable, puis arrive la maladie de cet homme et son décès.

Dans toutes ces épreuves, j’ai senti sa présence sereine et insistante. Je n’ai jamais eu le moindre doute sur ce que je professe, mais depuis trois ans, pour l’avoir appris à mes dépens et vécu dans ma chair, je sais que c’est l’exacte vérité : ils sont avec nous, pour toujours.

Ma rencontre avec le Père François Brune

5 novembre 2003

Je viens de terminer une conférence à l’U.S.F.I.P.E.S. (Union Scientifique Francophone pour l’Investigation Psychique et l’Etude de la Survivance), association située au 15 rue Jean-Jacques Rousseau, Paris 1er (téléphone : 01 42 33 37 44 - Site Internet : www.usfipes.org).

Cette association a été créée par Allan Kardec, alias Hippolyte Rivail, fondateur de la doctrine du spiritisme et auteur des célèbres « Livre des esprits » et « Livre des médiums ».

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Alan Kardec, de son vrai nom Hyppolyte Rivail, fondateur du spiritisme en France.

Au moment de quitter la salle, Jacques Mandorla, qui a animé avec moi la conférence, m’annonce qu’il a pris rendez-vous avec le père François Brune, l’expert français des contacts avec les morts.


La rencontre

Cela me fait un grand plaisir de m’entretenir avec lui. Nous allons chercher le Père Brune chez lui, puis nous nous rendons dans un café voisin où nous lui évoquons, Jacques et moi, l’idée de ce livre « Derrière le miroir… l’autre vie », en cours d’écriture.

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Ma rencontre avec le Père François Brune.


Le père Brune m’encourage à poursuivre l’écriture et me conseille de parler de mes perceptions personnelles en tant que médium, de l’existence éventuelle de mon « guide », de ce que je vois ou entends, des réactions de mon entourage…

Puis, le père Brune poursuit : « Les enfants médiums s’imaginent toujours que tout le monde voit des entités comme eux. Mais ils n’en parlent pas. Par pudeur. Quand ils prennent conscience de leur différence, commence une période de crise avec leur entourage. Crise pouvant aller parfois jusqu’à une extrême violence ».

On lui demande alors s’il a connaissance de l’existence de certains signes.
Le père Brune : « Les médiums que j’ai rencontrés m’ont souvent parlé des signes envoyés par l’au-delà. Il s’agit presque toujours des mêmes symboles : oiseaux, fleurs, papillons… Je pense qu’il est plus facile, pour les disparus, de manipuler le cerveau des oiseaux. Pour les fleurs et les papillons, je n’ai pas d’explication ».

Je lui évoque ensuite mon travail d’aide à ceux qui ont perdu un être cher et d’accompagnement à ceux qui vont mourir.

Le père Brune : « Je considère que la notion de faire son deuil est aujourd’hui très mal gérée par les psychologues : pour eux, faire son deuil, c’est tourner la page. Ce qui revient à dire aux patients : « Oubliez et passez à autre chose ! ». On en retrouve d’ailleurs la trace dans l’expression « En faire son deuil ».
En ce qui concerne l’accompagnement des mourants que vous pratiquez, je pense que certaines personnes sont élues pour supporter une importante souffrance. Ensuite, deux réactions sont possibles : soit il y a blocage dans la souffrance, soit il y a débordement d’amour qui permet d’en donner à d’autres.
Certaines personnes ne comprennent pas pourquoi elles doivent terminer leur vie dans d’atroces souffrances.
Il faut aller, à mon sens, au-delà de cette espèce de marchandage de l’Ancien Testament qui consiste à dire : « Je n’ai rien fait de mal ou de répréhensible dans ma vie : alors pourquoi tant de souffrances ?
».

Je me hasarde à demander au Père Brune s’il est lui-même médium.
« Personnellement, je ne suis pas médium. D’ailleurs, ce n’est pas mon rôle. Ce qui m’intéresse, c’est de faire le lien entre les différentes recherches et la théologie. Dans les expériences de contact avec les morts, je ne suis pas l’eau du réservoir : je ne suis que le tuyau ».


Apparition soudaine d’une image

Le temps imparti à notre rendez-vous est, hélas, terminé : nous devons quitter le père Brune. En effet, un autre rendez-vous l’attend déjà : une femme, qui s’est spécialement déplacée d’Espagne pour le rencontrer, vient d’entrer dans le café.

En la voyant, une image m’apparaît soudain : celle d’un beau jeune homme aux cheveux très bruns, avec un long visage pâle. Il joue de la guitare. J’ai le sentiment qu’il a mis fin à ses jours.

Je n’ai pas osé, sur l’instant, en parler au Père Brune.

Peut-être aurais-je dû.

Jacques Mandorla m’apprendra, le 21 février 2004, la vérité. Ce jour-là, il pose directement la question au père Brune qui lui répondra : « C’est exact : cette femme a perdu l’un de ses fils, joueur de guitare professionnel ayant accompagné le célèbre Alexandre Lagoya. Par contre, il ne sait pas de quelle manière il est décédé ».

19.06.2007

Lisez ce sublime poème de Charles Péguy

Lisez et relisez ce sublime poème de Charles Péguy (1873-1914) qui préfigure le dramatique destin de l’écrivain, tombé à Villeroy, la veille de la bataille de la Marne.


La mort n’est rien

La mort n’est rien, je suis simplement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi, vous êtes vous.
Ce que nous étions les uns pour les autres,
nous le sommes toujours.
Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné,
Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait,
N’employez pas un ton solennel ou triste,
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble,
Priez, souriez, pensez à moi,
Que mon nom soit prononcé comme il l’a toujours été,
Sans emphase d’aucune sorte, sans trace d’ombre,
La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié,
Elle est ce qu’elle a toujours été.
Le fil n’est pas coupé,
Simplement parce que je suis hors de votre vue.
Je vous attends. Je ne suis pas loin.
Juste de l’autre côté du chemin.
Vous voyez : tout est bien.

Charles Péguy


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Derrière le miroir... l'autre vie

medium_LIVRE_Derriere_le_miroir.7.jpgJ'ai écrit « Derrière le miroir… l’autre vie » (Editions Trajectoire) pour montrer que la grande majorité des êtres humains ont une peur instinctive de l’invisible et du phénomène inéluctable qu’est la mort.

L’évolution de la société est, en partie, responsable de cet état de fait car elle nous a soustrait la mort. Aujourd’hui, dans la grande majorité des cas, nous naissons et mourrons à l’hôpital. Et la médecine nous fait croire qu’existe à présent un ordre chronologique de départ pour l’au-delà : d’abord les grands-parents, puis les parents, ensuite les enfants…
Mais ceci n’est qu’une illusion créée par l’évolution des techniques. On voit partir tellement de gens jeunes qui n’avaient ni fumé, ni bu, ni pris de drogue et qui n’avaient pas d’antécédents familiaux de maladies graves.

Autrefois, la maison était un creuset de joies et peines, souvent non exprimées : la mère pouvait y mourir en couche, les enfants en bas âge, les parents et les grands-parents plus tard. Personne n’y trouvait à redire, ou si peu, car la mort faisait alors partie intégrante de la vie.

Maintenant, la science et la médecine abordent les grandes questions métaphysiques de la vie et de la mort, mais ne répondent pas, de façon satisfaisante, à la question de la survie. On peut également constater que la connaissance du monde invisible semble susciter une notable indifférence. Ce qui montre bien, hélas, que nous en sommes encore à l’âge de pierre de la spiritualité.

Ce qui me fait écrire dans mon livre : « Tout cela est bien dommage car il m’est arrivé, à maintes reprises, de croiser des personnes matérialistes ayant tellement peur de perdre cette vie - qu’elles pensent unique donc très précieuse pour elles - qu’elles peuvent tomber dans un état névrotique qui va les plonger dans une grande souffrance. Elles viennent alors rejoindre toutes celles qui ont perdu un être cher, qui ont senti la terre s’ouvrir sous leurs pieds et qui ne connaissent plus que la douleur engendrée par le vide et l’absence. Mon travail commence ici. Je vous le dis bien fort : la mort n’existe pas ! ».


Préface du livre par Maguy Lebrun

medium_Maguy_LEBRUN.jpgMaguy Lebrun, auteur du best-seller « Médecins du ciel, médecins de la terre » (Robert Laffont), est la fondatrice, avec Daniel son mari médium, des groupes de prières qui aident aussi ceux qui vont partir, à passer de l'autre côté du miroir, dans la sérénité et la joie.


Elle a aimablement préfacé mon livre (ce dont je ne la remercierait jamais assez) de ce très joli texte :
« Les expériences relatées dans le livre de Dominique Vallée sont fréquentes chez beaucoup d'Humains : je les appelle les "dons" ou les "signes" du Ciel. Bien des chemins relient le ciel et la terre. Les comprend-on ? Les emprunte-t-on ?
Tous les humains, dans leur vie terrestre, ont connu ces moments de contacts avec "ailleurs", parfois même sans s’en rendre compte…
Lorsque mon mari Daniel Lebrun a reçu les premiers messages des vivants du ciel, il n'en avait aucun souvenir, aucun… Il a fallu enregistrer pour qu'il écoute et puisse ensuite dire : « Mais je ne peux avoir dit ça,… je l’ignore ! ». Grâce à lui, ma vie et beaucoup d'autres vies terrestres ont été bouleversées.
Nous vivons une terrible époque sous le couvert de Dieu ou de la religion : chacun défend ses opinions… Les seules que nous puissions avoir sont la tolérance, le respect de l'autre, l'Amour que nous devons donner.
Merci à Dominique Vallée, et à beaucoup d'autres humains dont le Père Brune, d'expliquer leurs expériences, leurs vécus, pour aider les hommes dans cette période de souffrance.
Un jour, l’entité Etty, ma réalité quotidienne, m’a dit : « Si tous les hommes croyants avaient, chaque jour, une minute de pensée pour la paix, les forces divines s'en nourriraient pour le bonheur de la Terre
».

18.06.2007

Expériences de médiumnité réalisées par le Comité illusionniste d’expertise et d’expérimentation des phénomènes paranormaux (CIEEPP)

Créé en 1976, le Comité Illusionniste d’Expertise et d’Expérimentation des Phénomènes Paranormaux (CIEEPP), fondé et présidé par Ranky, est aujourd’hui incontournable en matière :
- d’authentification de véritables phénomènes paranormaux,
- d’identification de fraudes voulant faire croire à de vrais phénomènes paranormaux.

En effet, si une expérience Psi est frauduleuse, elle peut être facilement imitée par les spécialistes-experts du Comité qui sont incontestablement les mieux placés pour déceler les “trucs” et défendre ainsi le paranormal par la dénonciation des escrocs.

Ces comptes rendus sont parus, en intégralité, dans le livre de Ranky : « Le paranormal de mes yeux vu » (Editions Trajectoire).
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Le protocole d’expérimentation a été établi le jeudi 25 août 2005 par les illusionnistes suivants, membres du Comité d’expertises CIEEPP : Ranky, Président du Comité - Blondine - Claude Stavisky.
Avis technique a été pris par liaison téléphonique auprès de Pierre Edernac, également membre de ce Comité.



Vendredi 26 août 2005
Expériences de contact avec les morts sur photos
Sujet : Dominique Vallée


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De gauche à droite : Blondine, Dominique Vallée, Ranky (de dos) et Pascal Mahious.

La séance a été enregistrée intégralement au magnétophone et photographiée par Jacques Mandorla, journaliste d’investigation.
Trois photos ont été présentées à Dominique Vallée : celles d’Eric, de Henri et de Nicolas.


Expérience N°1 : Eric
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Dominique Vallée en train de travailler sur la photo d'Eric proposée par le Comité.

Dominique Vallée : « Cet homme était dans le chagrin. Il y a des vibrations très douloureuses au niveau de la tête... Peu ouvert... Peu de vie spirituelle. Il n’a pas pu se sortir d’une situation difficile... ».
Conclusions de Ranky : « Je ne donnerai pas de détails concernant ce chagrin. Eric parlait peu. La situation difficile évoquée s’est terminée par un terrible accident de la route où, en effet, la tête de Eric a été horriblement touchée ».


Expérience N°2 : Henri
Dominique Vallée : « Cet homme est dans la colère. La boisson lui a été fatale. Déçu, il passe à côté de la vie. Le prénom Paul ou Paulette tourne autour de lui. Il n’a jamais réfléchi à ce qui est bien ou pas bien. Il vit, subit et finit sa vie dramatiquement, pris dans un engrenage, rempli de culpabilité. Il est conscient et ne peut pas lutter ».
Conclusions de Ranky : « Toute l’existence de Henri a été axée sur sa femme Paulette, décédée de la maladie de Charcot dont il s’est toujours obsessionnellement senti coupable ! Paulette était née un 19 septembre et il a organisé cet anniversaire en solitaire, le 19 septembre 2000 en buvant de l’alcool jusqu’à ce que mort s’ensuive ».


Expérience N°3 : Nicolas
Dominique Vallée : « Il est allongé sur un lit, avec des perfusions. Il est crucifié... Il est en phase finale... Il avait du mal à se stabiliser, professionnellement. Il allait d’un travail à un autre. Il était dans la recherche... Il montrait toujours une joie de vivre, mais il avait un problème... Quelque chose n’était pas d’équerre dans sa vie. Il avait un problème de sang. Il n’avait pas trop de spiritualité... et n’avait pas envie de nous dire certaines choses... Cartésien... avec une intelligence très au-dessus de la moyenne ».
Conclusions de Ranky : « Il s’agit de mon ami Nicolas Maillard, journaliste d’investigation, promis à une belle carrière, décédé dans de grandes souffrances à 33 ans. Problème de sang : oui. Crucifié : oui. Problèmes professionnels : oui, de par sa grande probité, son professionnalisme incorruptible. Joie de vivre : oui, en permanence. Avait-il un problème dans sa vie ? Peut-être. Nous ne le saurons pas. Il est parti avec son secret ».


Conclusions générales de Ranky à propos de ces expériences de médiumnité :

« Les détails perçus par Dominique Vallée lui permettent d’accomplir une mission de réconfort envers les personnes ayant perdu un être cher. Sa douceur, sa modestie, ses capacités hors du commun, doublées d’une expérience personnelle parfois douloureuse, l’autorisent à pratiquer une thérapie du deuil d’une importance capitale pour des personnes en détresse ».

13.04.2007

Le déroulement d'une séance

Je demande aux gens qui viennent me consulter de m'apporter une ou deux photos de leur disparu, de préférence seul, de manière à ce qu'il n'y ait pas d'éventuelles interférences avec d'autres personnes qui figureraient sur le cliché.

Je leur précise toujours que, pour essayer d'entrer en communication avec l'être cher que l'on a perdu, il faut se trouver dans la plus grande humilité. Humilité, au sens donné par le dictionnaire : "Sans prétention et avec effacement".

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Cette photographie qui me sert de support, au sens technique du terme, est pour moi un fabuleux moyen de recevoir l'information et de la retransmettre.
Je possède cette faculté particulière de pouvoir poser mon regard sur l’au-delà.
J'utilise cette aptitude comme thérapie pour aider ceux qui sont dans la souffrance lors du départ d’un être cher. Ne venez pas chez moi chercher une voyance : je veux seulement renouer le lien entre celui qui vient de partir et celui qui reste.

Je fais ce que j'appelle mon « travail de couturière » : mettre à nu, clairement, les fils invisibles qui sont tissés avec nos désincarnés, afin d’apporter le début de réconfort nécessaire à l’apprentissage du deuil.

Je partage totalement les analyses du célèbre Père Brune, auteur du best-seller « Les morts nous parlent » et considéré comme le meilleur spécialiste de l’étude des phénomènes spirites, que j'ai rencontré lors de la rédaction de mon livre « Derrière le miroir… l’autre vie ».

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Ma rencontre avec le Père Brune

Ma "philosophie"... en quelques mots

Possédant depuis ma petite enfance "cette aptitude" à ouvrir mes "yeux" sur "l'autre monde" et ayant intégré celle-ci sans gêne ni contrainte, je me dois d'instinct de l'utiliser comme aide pour ceux qui à la suite de la perte d'un être cher, se trouvent dans la souffrance et la plus profonde affliction.

Renouer le lien est le premier pas pour commencer à faire son deuil.

La clairvoyance et la claire-audience m'ont amené à collaborer avec les autorités afin d'aider aux recherches d'identification de personnes décédées.

Tout défunt, dégagé du corps terrestre, laisse alors toute liberté au corps fluidique pour s'acheminer vers son point de départ, qui doit aussi devenir son point d'attache et de retour. Il communique avec chaque partie de l'Univers. Il vit alors dans la compassion de l'énergie Lumière.

Le médium a accès à la mémoire universelle qui est source d'information et de compréhension du monde invisible. C'est par la perception ultra sensible qui lui a été donnée ou qu'il a acquise, que le médium va pouvoir aider celui qui est en face de lui à renouer le lien avec le disparu.